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Le Nouvelliste | 2021, des initiatives louables et des attentes toujours pas comblées


Le secteur agricole aura connu une année riche en activités pour le dernier exercice. Avec le président jovenel Moïse, le focus a surtout été mis sur le monde rural haïtien, donc sur le secteur agricole. De la préparation de sol à la transformation des denrées, aucun aspect n’a été négligé. Les exploitants agricoles, notamment les agriculteurs, les transformateurs et les pêcheurs ont été appuyés  à plusieurs niveaux. Des activités ont été prises au niveau de la vallée de l’Artibonite avec l’augmentation des blocs de production ; de la plaine des Gonaïves avec l’installation de plusieurs systèmes de pompage solaires et surtout dans les départements du Nord et du Nord-Est avec le barrage hydroélectrique de Marion et le barrage d’irrigation de La Tannerie.


Les deux plus grands projets aboutis dans ce secteur au cours de cette année restent le barrage de Marion et la Banque nationale de développement agricole. Le président avait concentré toute son énergie à l’opérationnalisation de la BNDA et à l’exploitation du barrage.  


Inauguré le 1er mai 2021, le barrage a été présenté comme un méga projet financé entièrement par le Trésor public avec le support technique du gouvernement cubain. Érigée à Grand-Bassin, cette infrastructure revêt une importance capitale. Au début de ce projet, il était question de l’irrigation de 10 000 hectares de terre en aval du barrage ; l’adduction d’eau potable pour les communes de Grand-Bassin, de Terrier-Rouge et des Perches ; la production d’énergie électrique et la protection de la population de Malfety; la protection de zones avoisinantes pour lesquelles la rivière représentait une menace permanente et la production de poissons constituent les principaux objectifs de cette construction. Pour le moment, la possibilité d’irriguer les 10 000 hectares de terre est mise en doute. L’on parle d’un barrage qui devrait contribuer à l’irrigation non intensive de trois à cinq mille hectares, un coup dur pour les producteurs de riz.


Près de huit mois après l’inauguration de cette importante infrastructure, les systèmes d’exploitation ne sont toujours pas installés, ce qui sous-tend que cette dernière n’arrive pas encore à répondre aux objectifs qui lui ont été assignés. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural parle de la mobilisation de fonds dans le prochain budget pour la mise en place d’un système d’exploitation.


La BNDA a lancé ses opérations         


La présentation de ce budget a été annoncée pour le mois de décembre mais jusqu’à présent, c’est le budget rectificatif 2020-2021 qui est reconduit. Du coup, l’on attend encore le début des travaux du ministère de l’Agriculture, laquelle institution doit se focaliser également sur le financement de certains projets agricoles. À ce niveau, Damien pourra compter sur la Banque nationale de développement agricole (BNDA). Lancée en janvier, cette banque a mis cinq mois, soit le 14 juin 2021, pour compter ses premiers clients. Le secteur agricole doit être au centre des préoccupations de cette banque. Elle doit contribuer, entre autres, au développement de ce secteur, car insistent les autorités, pour que le pays  soit socialement équilibré et durable, il doit s’appuyer sur un secteur agricole fort.


La BNDA devrait permettre aux investisseurs de consentir des investissements à tous les niveaux de la chaine. L’agriculture arrive à un seuil aussi critique où le pays ne satisfait que 30% de sa consommation totale. L’un des objectifs de la BNDA est de réduire le déficit de la balance commerciale du pays. Ainsi, la banque a déjà développé cinq produits financiers : production agricole, élevage, transformation, commercialisation et équipements, un choix qui, selon les responsables, obéit à un impératif majeur de stratégie globale de la banque. Une démarche qui illustre bien le choix décisif de la BNDA de ne pas s’intéresser uniquement à la production agricole, sinon à toute sa chaîne de valeur afin de contribuer à rendre disponibles sur le marché local plus de produits agricoles et réduire les importations y relatives.


Installation des systèmes de pompage solaire  


Ainsi, les plaines irriguées constituent les principales cibles de la banque. Rendre l’eau disponible au niveau des plaines irrigables représente alors un défi pour les dirigeants. Des initiatives ont été adoptées à ce niveau au cours du dernier exercice. Plusieurs dizaines de systèmes de pompage solaire ont été installés aux Gonaïves et dans plusieurs autres localités des départements du Nord et du Nord-Est.


Mis à part ces pompes d’irrigation, d’autres décisions ont été adoptées afin d’augmenter la superficie des espaces irrigués. Dans le Sud, des systèmes d’irrigation et des seuils ont été réhabilités. L’on peut ajouter également à cette liste non exhaustive la construction quasi terminée du barrage de La Tannerie.


Dans le secteur agricole, les initiatives ne manquaient pas au cours du dernier exercice. Les infrastructures sont érigées. Cependant tout indique que les problèmes liés à ce secteur persistent. L’on ne peut toujours pas parler de la souveraineté alimentaire. De la sécurité alimentaire non plus. L’on a tendance à croire que les produits locaux deviennent de plus en plus rares dans les principaux marchés publics et les agriculteurs ne cessent de solliciter l’appui de l’État.  




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