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Le Nouvelliste | «Grève maintenue dans les hôpitaux publics», clament les syndicats


À l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti comme à l’hôpital Justinien, la grève se poursuit. Les patients se dirigent vers des centres privés et quelques centres hospitaliers dirigés par des organisations non gouvernementales. Les médecins se taisent, d’autant qu’ils ont aussi des tonnes de revendications en attente d’une circonstance.


À l’hôpital universitaire de La Paix, le personnel de soutien, longtemps dubitatif, rejoint les résidents du service de maternité. « L’hôpital est en grève jusqu’à ce que les autorités comprennent le sacrifice des professionnels qui travaillent dans les hôpitaux », clame un membre du syndicat interrogé à l’entrée de l’hôpital, difficilement accessible le lundi 28 mars 2022.


Evelyne Frémont, présidente du syndicat des travailleurs de la santé à l’hôpital général, explique que la proposition du MSPP est loin d’être satisfaisante. « Cela fait 20 mois depuis qu’on attend des frais mensuels qu’on nous avait promis sur une carte de débit. En guise de proposition, le MSPP ne trouve pas mieux à offrir que 15 000 gourdes, soit 3 mois sur 20. C’est inacceptable », tempête Évelyne Frémont.


Plus loin, Mme Frémont fait savoir que le syndicat est prêt à attendre la publication d’un nouveau budget pour une augmentation salariale qui tient compte du coût de la vie en Haïti en 2022. Cependant, la carte de débit n’est pas négociable, selon Évelyne Frémont. « Dans le souci de faciliter la résolution de la crise, on peut accepter 10 mois sur la carte en attendant que les autorités sanitaires trouvent une formule pour nous accompagner, mais 3 mois, c’est trop peu », estime la présidente du syndicat, qui rappelle que la résolution de la crise doit passer aussi par la disponibilité des intrants dans les hôpitaux publics.


Au Cap-Haïtien, le ton est un peu plus ferme. « Il n’y aura pas de levée de grève sans la satisfaction de nos principales revendications. Nous savons pertinemment que l’ONG qui subventionnait la carte de débit a déjà donné l’argent. Le détournement de ce fonds ne peut pas être justifié ; on veut que le personnel en paie le prix. Nous allons rester mobilisés », déclare Serge Joseph, membre du syndicat à l’hôpital universitaire Justinien, dans un entretien avec Le Nouvelliste.


M. Joseph en a profité pour dénoncer le comportement de certains dirigeants qui, dit-il, tentent de corrompre les syndicats plutôt que de les accompagner. Le MSPP, après moult tentatives, propose une solution en tenant compte de ce qui est faisable au niveau du ministère de l’Économie et des Finances : « 15 000 gourdes sur la carte de débit pour adresser ce problème conjoncturel », selon le directeur général du MSPP.


Encore une fois, le MSPP prend la posture de pompiers face à la nécessité de repenser la gestion des hôpitaux universitaires publics en Haïti. Nul doute que les grévistes vont trouver une entente sur le conjoncturel dans les jours qui viennent. Cependant, cela ne peut pas durer. Aujourd’hui, c’est le personnel, demain ce sera autour des internes et/ou résidents de s’engouffrer à travers les brèches de nos multiples défaillances tant que les hôpitaux publics seront abandonnés sans aucune réflexion pour une solution durable.




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