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Le Nouvelliste | Le MSPP propose une prime de 15 000 gourdes aux grévistes


« Le salaire de base de 60 000 gourdes exigé par les grévistes n’est pas possible », a affirmé d’entrée de jeu le directeur général du ministère de la Santé publique. Cependant, le Dr Lauré Adrien a déclaré, lundi matin, sur radio Magik 9 que le ministère a fait une autre proposition aux grévistes. Le budget du MSPP ne permettra pas de payer aux plus de 14 000 employés leur salaire mensuel et une carte de débit qui fait aussi partie de leurs revendications, a-t-il fait savoir.


« Nous avons  trouvé une proposition avec les autorités financières que nous avons soumise aux grévistes », a avancé le Dr Adrien, se gardant de révéler la nature de cette proposition, disant attendre la réponse des responsables de syndicats des hôpitaux publics.


Contactés lundi après-midi par Le Nouvelliste, la présidente du syndicat de l’Hôpital général, Evelyne Frémont, et le président de la Fédération des syndicats dans les hôpitaux publics, Milot Lévy Félix, ont confié au journal que le ministère leur a proposé une prime de 15 000 gourdes qui représente trois mois sur la carte de débit.


« Déjà 20 mois depuis qu’on ne nous a pas octroyé la carte de débit (ti kat la). Aujourd’hui, on ne peut pas accepter les 15 000 gourdes. Les employés ne sont pas d’accord avec la proposition du MSPP », a confié au Nouvelliste Evelyne Frémont, présidente du syndicat de l’hôpital général. La syndicaliste exige 40 000 gourdes sur la carte de débit pour la reprise des activités dans les hôpitaux en attendant une augmentation salariale.


Si le ministère de la Santé publique ne peut pas se prononcer seul sur l’augmentation salariale, le Dr Adrien a toutefois  indiqué que les revendications des grévistes ont été acheminées au plus haut niveau de l’Etat. Selon le DG du ministère de la Santé publique, le ministère a fait tout ce qui était en son pouvoir pour permettre la reprise des activités dans les hôpitaux publics.


« Une initiative de l’Etat de déléguer sur place un comité d’évaluation des besoins pour un nettoyage de l’espace n’a pas abouti parce que l’accès à l’hôpital général leur a été interdit par les grévistes », a tancé le Dr Lauré Adrien.

« Il a toujours existé des canaux de discussion. Les membres des syndicats (il y en a plusieurs) sont aussi et avant tout des employés de l’Etat du MSPP, donc la communication doit être permanente et peut se faire à tous les niveaux de l’administration des hôpitaux touchés par la grève jusqu’aux responsables au ministère », a-t-il ajouté.



« Nous avons eu plusieurs rencontres avec les représentants du syndicat de l’HUEH. Et une rencontre avec les responsables de la FENATRAS. Nous leur avons clairement expliqué les différentes démarches entreprises et leurs résultats. Nous leur avons  clairement dit ce que nous pouvons, ne pouvons pas encore ou ne pouvons pas faire en considérant une à une leurs 10 revendications », a rapporté le Dr Adrien.

« Les grévistes ont, à mon avis, compris et ont eux aussi dans leurs prises de parole exprimé leur désir de mettre fin à la grève. La rencontre a duré plus de trois heures d’horloge samedi dernier dans l’après-midi. Ils ont promis de nous faire part de leur position après consultation avec leurs collègues », a confié au Nouvelliste le directeur général du MSPP.



« Même si nous reconnaissons que certaines de  leurs revendications sont recevables pour des discussions, il faut  aussi considérer la faisabilité de ce qu’ils demandent et ne pas faire d’amalgame. Ils ont une liste de 10 revendications allant de la question de carte de débit à un salaire de base de soixante mille gourdes (60 000 gourdes), en passant par des demandes de réforme à la Direction sanitaire de l’Ouest, des réformes dans d’autres directions centrales du ministère, l’amélioration des conditions de travail, le retrait de l’assurance des employés du MSPP à l’OFATMA, la nomination des ‘’employés à gage “ et la lumière sur un dossier de vol présumé de matériel dans un hôpital. Ce qui rend difficiles les négociations pour trouver une solution rapide à la levée de la grève dasns les hopitaux publics », a expliqué au journal le Dr Adrien.


Réagissant aux dénonciations d’équipements volés dans certains hôpitaux, Lauré Adrien a reconnu que la pratique de matériel et équipements perdus ou disparus dans les hôpitaux publics existe bel et bien.

Le DG du ministère de la Santé publique a souligné que si certaines des  revendications des grévistes peuvent être abordées dans le court terme ou dans l’immédiat, d’autres ne le sont pas. « Sans dire que certaines ne dépendent pas de la simple bonne volonté des dirigeants du MSPP. Conditionner la satisfaction de ces revendications à la reprise des activités dans les hôpitaux c’est inscrire la grève dans la durée et priver encore plus la population du peu de services  auxquels elle a droit (peu importe votre jugement sur la qualité des services, ils permettaient de sauver des vies », a-t-il déclaré.

En attendant la réponse des grévistes sur la proposition du MSPP, le Dr Adrien a déclaré : « Nous disons aux grévistes que nous comprenons parfaitement le bien-fondé de certaines de leurs revendications et nous ferons ce qui est possible pour apporter une  amélioration là où nous pouvons agir. Nous leur demandons de bien réfléchir aux conséquences parfois fatales qu’une grève peut provoquer dans les hôpitaux sans une cellule dite d’urgence fonctionnelle, quelle que soit sa durée. »




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