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Le Nouvelliste | Marche et tweets pour les 35 ans de la Constitution 


L’une des priorités de ce gouvernement, est de doter le pays d’une nouvelle constitution avant d’organiser les élections. Le Premier ministre Ariel Henry a déjà entamé les démarches pour mettre en place une Assemblée constituante. Il bute cependant sur des organisations qui refusent de s’associer à son projet jugé unilatéral comme l’avait déjà tenté de faire feu le président Jovenel Moïse. Aucune activité particulière n’a été organisée le 29 mars 2022 pour marquer les 35 ans de la loi mère.   


« L’adoption de la Constitution de 1987 continue de symboliser, 35 ans après, notre attachement aux valeurs démocratiques, dont l’Etat de droit, l’équilibre et la séparation des pouvoirs. Elle intériorise notre volonté de progrès, de développement et du vivre-ensemble », a écrit le Premier ministre sur son compte Twitter.


« En allant voter massivement notre charte fondamentale, le peuple haïtien a tenu à exprimer sa volonté d’avoir un nouvel État et des institutions démocratiques, fortes et stables. Aujourd’hui, c’est à cela que nous devons tous œuvrer. Il nous faut, aujourd’hui, plus que jamais, orienter notre démarche patriotique vers l’unité, l’égalité et la fraternité. Nous devons bannir la haine, la division et les conflits en tous genres qui entravent, depuis des lustres, le progrès et le développement de notre société », a appelé Ariel Henry.


Nous avons le devoir, a-t-il ajouté, « de reconstruire notre pays. Ensemble, consolidons notre démocratie et l’Etat de droit. Ensemble, œuvrons pour une nation stable et prospère, pour une nouvelle Haïti, plus tolérante et plus solidaire ».


« Aujourd’hui encore, il est une nécessité, voire une urgence, de nous doter d’un nouveau texte plus adapté qui, dans une perspective inclusive et participative, devra tenir compte de nos aspirations de développement, de bonne gouvernance, dans un contexte d’État de droit », a déclaré le Premier ministre.


L’ancien sénateur Steven Benoît, qui s’est toujours positionné contre l’amendement de la Constitution en 2011, continue de clamer que nous fonctionnons sous l’égide d’une « fausse constitution ». « Bonne journée de réflexion sur notre Constitution en vigueur qui est un “ faux “. Malheureusement les tricheurs et fraudeurs courent encore les rues en toute impunité. Les choses vont bientôt changer dans mon beau pays », a-t-il fait savoir ce 29 mars sur son compte Twitter.


« C’est avec beaucoup de peine que je constate qu’après 35 ans de viol de la loi mère du pays, les gens qui l’ont violé continuent de fonctionner en toute impunité », a critiqué l’ancien parlementaire de l’Ouest.


Pour l’ancien député Jerry Tardieu, président de la commission spéciale à la Chambre des députés qui avait travaillé sur les propositions d’amendement de la Constitution, 35 ans après, il  ne reste pratiquement rien dans la loi mère. « Parce que nous sommes en dehors de la Constitution, nous avons un pouvoir monocéphale, nous n’avons pas de Parlement, pas de maires élus… », a-t-il signalé, soulignant que le document n’a pas été respecté non plus.


Jerry Tardieu a souligné que dans la crise politique actuelle, on ne peut même pas trouver dans la Constitution des provisions légales pouvant aider à combler le vide institutionnel. « C’est le signe palpable de l’échec d’une société », a-t-il affirmé.


« La Constitution que nous avions votée il y a 35 ans, non seulement nous ne l’avions jamais respectée, on l’a mise de côté, et même là encore on ne peut pas trouver dans l’esprit de la Constitution une formule pour sortir de la crise », a-t-il argué.


L’ancien parlementaire estime que le moment est idéal pour changer ou modifier la Constitution du pays. La durée du mandat des élus, la responsabilité du président de la République après son mandat, la ratification des Premiers ministre, la question de décharge, la question des cartels municipaux à trois membres sont entre autres des points qui méritent d’être changés dans la Constitution de l’avis de monsieur Tardieu.


L’ancien député de Pétion-Ville a appelé les acteurs politiques et de la société civile à un dialogue franc et sincère dans lequel la question de la Constitution sera abordée.


Lors de la marche du mardi 29 mars 2022 dans les rues de la capitale contre le kidnapping, l’insécurité et l’inaction des autorités, les manifestants en ont profité pour critiquer les différents dirigeants du pays qui, ces 35 dernières années, n’ont jamais cessé de violer la Constitution et contribuer à l’effondrement des institutions républicaines.




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