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Le Nouvelliste | Pétition : le PM Henry rencontre une délégation d’associations appelant à déclarer la guerre aux gangs


Le Premier ministre Ariel Henry, assisté par les autres membres du Conseil supérieur de la police nationale  (CSPN), s’est entretenu à la Primature, lundi 28 mars, avec des responsables d’associations ayant signé la pétition qui exprime leur ras-le bol face à la prise en otage de toute la population par des organisations criminelles,  l’inaction, voire la tolérance des autorités qui faillissent à leur obligation première d’assurer la sécurité et communiqué un plan assorti de mesures concrètes au Premier ministre Ariel Henry pour lutter contre l’insécurité.


« Le Premier ministre Ariel Henry nous avait invités cet après-midi à une réunion qui a duré plus de deux heures. Il a répondu à des questions. Nous avons évoqué point par point des recommandations de la pétition », a confié au Nouvelliste Raïna Forbin, président de l’Association touristique d’Haïti (ATH). 


« Il fait état de la situation. Nous avons exprimé nos inquiétudes, nos doléances. Nous nous sommes entendus sur la création d’un task force pour pouvoir mesurer les résultats des différentes actions qui seront entreprises suite à nos recommandations », a poursuivi Raïna Forbin, soulignant que le Premier ministre s’est « engagé à la création de ce task force ». Le task force permettra de mesurer la matérialisation des promesses, a-t-elle souligné.  


« Le Premier ministre Henry a déclaré qu’il ne baissait pas les bras, que la police déclarait la guerre aux gangs armés, qu’il travaillait d’arrache-pied la dessus. Ils promettent des résultats très visibles très bientôt », a confié la présidente de l’ATH qui a partagé ses « sentiments personnels » et le besoin de rester vigilant. 


«  Personnellement, j’ai laissé la réunion avec un sentiment que l’on n’est pas sortie de l’auberge parce que ce ne sont pas des mesures et des résultats que l’on peut quantifier tout de suite. Il y a des petites victoires que l’on peut obtenir rapidement, d’autres prendront plus de temps », a dit Raïna Forbin.


« On doit continuer à être plus vigilants pour continuer à faire attention, continuer à mettre la pression pour qu’ils répondent à nos exigences. On ne va pas baisser les bras. On doit continuer à se mobiliser. On doit continuer à mettre la pression pour obtenir des résultats parce que cela ne peut pas continuer comme ça », a dit la présidente de l’ATH.


« Nous n’avons pas ménagé le gouvernement par rapport à nos frustrations, à nos inquiétudes », a confié au journal Laurent Saint-Cyr, président du conseil d’administration de la chambre de commerce et d’industrie d’Haïti. Ce n’est pas le premier exercice du genre, a dit Laurent Saint-Cyr, espérant que les cris soient entendus cette fois.


Jean Robert Argant, le responsable du collectif 4 décembre, l’une des organisations ayant appelé à manifester mardi 29 mars contre l’insécurité, contre le kidnapping, a confié au journal n’avoir pas été invité. « Nous n’avons pas été invités que je sache », a-t-il dit. « J’ai retrouvé dans la pétition des points précédemment évoqué par le collectif. C’est un relevé des cris déjà lancés », a indiqué Jean Robert Argant.


Selon ces recommandations de la pétition, il faut, dans un premier temps, « décréter l’État d’urgence ; déclarer la guerre aux gangs armés qui sèment le deuil et la désolation dans la population; sévir contre la fraude au niveau des douanes pour éviter le détournement des revenus et imposer des mesures de contrôle pour éliminer le trafic d’armes et de munitions; classer les gangs armés dans la catégorie des organisations terroristes; équiper adéquatement en toute priorité les Forces armées d’Haïti et la Police nationale y compris la Police scientifique ; recruter des experts pour encadrer la PNH dans ses efforts pour traquer et mettre hors d’état de nuire tous les bandits; isoler les groupes criminels et les assiéger dans leur retranchement; identifier publiquement et poursuivre toutes les personnes et entités qui financent et alimentent ces gangs en armes et munitions; adopter un décret ordonnant le gel immédiat et la confiscation des avoirs de toutes les personnes et entités qui financent et alimentent ces gangs en armes et munitions; exiger des compagnies téléphoniques l’identification obligatoire pour tout numéro de portable en fonction sur le territoire et déconnecter dans un délai raisonnable tout numéro de téléphone non identifié; annuler et dans un bref délai, rapporter systématiquement toutes les anciennes plaques IT ou SE ou LOCATION en circulation. Ces plaques sont utilisées par les gangs; contrôler strictement les nouvelles émissions de plaques ».




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